REVUE DE LA LITTÉRATURE

Les effets du renforcement musculaire des muscles stabilisateurs du tronc dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort chez la femme – Revue systématique avec méta-analyse

The effects of strengthening trunk stabilizing muscles in the treatment of stress urinary incontinence in women: A systematic review and meta-analysis

N°1 - mars 2021

Mains libres N°1 - mars 2021

Auteurs:

  • Mathilde Rosa (MSc, PT), Haute Ecole de Santé de Vaud (HESAV), Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO), Lausanne, Suisse

  • Matteo Cometta (MSc, PT), Haute Ecole de Santé de Vaud (HESAV), Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO), Lausanne, Suisse

  • Ivy Duong (MSc, PT), Haute Ecole Libre de Bruxelles (HELB) Ilya Prigogine, Bruxelles, Belgique

  • Cécile Compère (MSc, PT), Haute Ecole Libre de Bruxelles (HELB) Ilya Prigogine, Bruxelles, Belgique

  • Jeanne Bertuit (PhD, PT), Haute Ecole de Santé de Vaud (HESAV), Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO), Lausanne, Suisse

MOTS-CLÉS:

incontinence urinaire de stress / incontinence urinaire d’effort / renforcement abdo-lombo-pelvien / pelvic floor muscle therapy (PFMT) / stabilisateur du tronc

Contact

Jeanne Bertuit
E-mail : jeanne.bertuit@hesav.ch
Tél. : +4121 316 81 33

Mathilde Rosa
E-mail : mathilde.rosa@bluewin.ch
Tél. : +4179 537 68 87

Les effets du renforcement musculaire des muscles stabilisateurs du tronc dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort chez la femme – Revue systématique avec méta-analyse

The effects of strengthening trunk stabilizing muscles in the treatment of stress urinary incontinence in women: A systematic review and meta-analysis

Mathilde Rosa1 (MSc, PT), Matteo Cometta1 (MSc, PT), Ivy Duong2 (MSc, PT), Cécile Compère2 (MSc, PT), Jeanne Bertuit1 (PhD, PT)

RÉSUMÉ

Contexte : L’incontinence urinaire d’effort (IUE) touche de25 à 45 % des femmes adultes. Plusieurs traitements non invasifs sont recommandés pour diminuer les symptômes mais leurs effets à long terme restent limités. Cependant le plancher pelvien fait partie de la cavité abdominale qui,régie par un processus complexe, permet d’assurer la stabilisation du tronc, la continence, la respiration ainsi que les fonctions gastro-intestinales.

Objectif : L’objectif de cette revue est d’évaluer l’intérêt des exercices de stabilisation abdo-lombo-pelvienne associés ou non à une prise en charge standard chez les femmes atteintes d’IUE.

Méthode : Les recherches ont été menées dans PubMed, CINHAL, PEDro, Cochrane et Embase. Les études évaluant une technique de stabilisation abdo-lombo-pelvienne associée ou non à une autre prise en charge dans le but de traiter l’IUE ont été sélectionnées. Les critères d’évaluations sont l’intensité des symptômes, la qualité de vie ainsi que la force musculaire du plancher pelvien.

Résultats : Sur 967 articles, 9 études ont été sélectionnées sur la base du PICOS. On observe une diminution de l’intensité des symptômes (Urinary Distress Index (UDI) p = 0.002 ;nombre de fuites urinaires p = 0.01). Aucun résultat statistiquement significatif n’a été trouvé en faveur de la qualité de vie et de la force musculaire du plancher pelvien.

Conclusion : Les résultats démontrent qu’une prise en charge globale de la ceinture abdo-lombo-pelvienne obtient de meilleurs résultats en termes de diminution de symptôme d’IUE (nombres de fuite par jour, quantité), d’efficacité de traitement et de maintien sur le long terme qu’avec un traitement uniquement basé sur un renforcement des muscles du plancher pelvien.

ABSTRACT

Background: Stress urinary incontinence (SUI) affects25–45% of adult women. Several non-invasive treatments are recommended to reduce symptoms of SUI, but their long-term effects are limited. The pelvic floor is part of the abdominal cavity, which governs complex processes to ensure trunk stabilization, continence, breathing, and gastrointestinal functions.

Objective: The aim of this review is to assess the effectiveness of abdominal-lumbo-pelvic stabilization exercises with or without standard management in women with SUI.Method: Literature search was conducted in the databases PubMed, CINAHL, PEDro, Cochrane, and Embase. Studies evaluating an abdominal-lumbo-pelvic stabilization technique with or without other management for the treatment of SUI were included. The evaluation criteria were symptom severity, quality of life, and pelvic floor functionality.

Results: Of 967 articles, nine were selected on the basis of the PICOS criteria for qualitative and quantitative analysis.A decrease in symptom severity was observed (Urinary Distress Index (UDI), p=0.002; number of urinary leakage episodes, p=0.01). No statistically significant results were found for improvement in the quality of life and pelvic floor muscle strength.

Conclusion: The results show that comprehensive management of the abdominal lumbo-pelvic region achieves better results in terms of reduction in SUI symptoms severity(number of leaks per day and quantity), treatment effectiveness,and long-term maintenance than treatments based solely on pelvic floor muscle strengthening.

Introduction

L’incontinence urinaire (IU) est définie comme « la plainte de toutes fuites urinaires involontaires »(1). La prévalence chez l’adulte est très variable (5-72 %) avec une prévalence moyenne de 30 %. L’IU est classifiée selon 3 types : 1) l’incontinence urinaire d’effort (IUE) qui correspond à des fuites involontaires d’urine lors d’effort, de toux et d’éternuement ; 2) l’incontinence urinaire par urgence qui correspond à des fuites involontaires d’urine précédées par une sensation d’urgence ; 3) l’incontinence urinaire mixte qui correspond à des fuites involontaires d’urine associées à la sensation d’urgence mais aussi lors d’effort. On estime que la rémission, tous types d’IU confondus, oscille autour des 6 %(2). L’IUE représente 50% des cas d’IU, soit une femme sur cinq(3,4).

Les facteurs de risques de l’IUE sont nombreux. Une augmentation de l’indice de masse corporelle peut augmenter de 20 à 70 % le risque de développer une IUE (5-10). Plusieurs études ont également montré que le diabète, l’âge, la ménopause, l’accouchement par voix basse et les grossesses sont des facteurs aggravants( 5 ,7, 9 ,1 0 ). L’hypertension artérielle(9), l’hystérectomie et le tabagisme(7) favorisent également l’apparition d’IUE. Le sport reste également un facteur de risque allant de faible à fort en fonction de l’intensité des impacts(8).

Les recommandations de bonnes pratiques sur la prise en charge de l’IUE mettent en avant un traitement de première intention non invasif comprenant une prise de conscience du plancher pelvien, une rééducation comportementale ainsi qu’un travail des muscles du plancher pelvien (MPP) par des exercices travaillant la force, l’endurance et la relaxation(11). Ces exercices associés ou non au biofeeback et à l’électrostimulation présentent des recommandations de grade A et sont considérés comme traitement standard dans la prise en charge d’IUE(12-16). Leur manque d’efficacité à long terme remet en cause la prise en charge isolée du plancher pelvien en cas d’IUE(17). Ces traitements locaux ne semblent pas restaurer de manière permanente la fonctionnalité du plancher pelvien.

Cependant, on observe un lien étroit entre les muscles du rachis, les abdominaux, les muscles du plancher pelvien et le diaphragme. Ces quatre murs anatomiques forment la cavité abdominale et permettent de contrôler, selon un processus complexe, les pressions intra-abdominales (PIA). Ces muscles ont besoin d’une coordination

synergique adéquate afin d’assurer les fonctions de base telles que la stabilisation du tronc, la continence, la respiration ainsi que les fonctions gastro-intestinales(18,19). Chez les sujets sains, le plancher pelvien et le muscle transverse sont synergiques et offrent une raideur spinale. Plus précisément, le muscle transverse contribue à la stabilité spinale en augmentant la tension du fascia thoracolombaire. Chez les sujets sains, le muscle transverse et le plancher pelvien agissent juste avant l’initiation du mouvement comme un mouvement d’ajustement anticipé préparatoire au tronc. Le plancher pelvien a un rôle essentiel dans la continence, il sert de point d’appui au diaphragme. En effet, la résistance des abdominaux pro-fonds et du plancher pelvien permet au diaphragme d’assurer en plus de la respiration, la stabilisation de la colonne vertébrale en variant la PIA(12). Toutes altérations au niveau biomécanique d’une ou de plusieurs de ces structures peuvent engendrer des dysfonctionnements qui conduisent à des incontinences ou des douleurs lombo-pelviennes(18,19). D’autre part, le lien entre les lombalgies et l’incontinence a été récemment mis en lumière notamment au niveau des mécanismes pathologiques et des modalités de traitements. L’ensemble de ces recherches illustre la vision globale vers laquelle le thérapeute devrait tendre(20,21).

De par la complexité des synergies présentes dans la zone abdominale, les hypothèses de traitement se dirigent de plus en plus, vers une prise en charge globale de la ceinture abdo-lombo-pelvienne (ALP). L’hypothèse suggère que la modification de toute la ceinture aboutirait à une modification des synergies et lui rendrait à nouveau sa fonctionnalité. Par conséquent, d’autres traitements intégrant une activité musculaire des abdominaux, des multifides, du diaphragme et des muscles pelviens, tels que les exercices de stabilisation de type Yoga, Pilates etc., pourraient prendre plus d’importance pour pallier les différentes limites d’un travail uniquement basé sur le plancher pelvien.

La littérature ne présente à l’heure actuelle aucune synthèse des études menées sur ce sujet. Cette revue systématique avec méta-analyse (RS) a donc pour objectif d’évaluer les effets des exercices de stabilisation abdo-lombo-pelvienne associés ou non à une prise en charge standard sur les symptômes d’IUE chez les femmes.

Méthode

Il s’agit d’une revue systématique avec méta-analyses basée sur les lignes directives Preferred Reporting Items for Systematics Reviews and Meta-analyses – PRISMA (22).

Bases de données

La recherche a été menée sur les bases de données PubMed, CINHAL, Embase, Cochrane et PEDro entre octobre 2019 et février 2020.

L’association des mots-clés a été réalisée à l’aide des opérateurs boléens « AND » et « OR » permettant la construction de l’équation de recherche générique : (Women OR Woman OR female) AND (Urinary Incontinence OR urinary stress incontinence) AND (Pilates OR Yoga OR Tai Chi OR Posture OR trans-versus abdominis OR lumbar stabilization OR deep abdominal muscle training OR trunk stabilization OR abdominal stabilization OR hypopressive OR hypopressive gymnastics OR lumbopelvic stabilization) AND (Randomized Controlled Trial OR RCT OR Randomized Control Trial). Des adaptations à cette équation ont été réalisées en fonction des thésaurus proposés dans les différents moteurs de recherche.

Critères d’éligibilité et stratégie de recherche

Afin de préciser la sélection des articles, des critères d’éligibilité en lien avec le PICOS ont été posés (Tableau 1). Seules les études comprenant une population de femmes souffrant d’IUE ont été retenues.

L’intervention devait correspondre à des exercices de stabilisation abdo-lombo-pelviennne ou un entrainement global de type hypopressif, Yoga ou Pilates, comprenant le renforce-ment des muscles du plancher pelvien. Trois critères de juge-ment ont été étudiés. Le premier est l’intensité des symptômes évalué par Urinary Distress Index (UDI)(23), Pad-test, nombre de fuites urinaires/jour. Le second est la qualité de vie mesurée par l’Incontinence Impact Questionnairy (IIQ)(23), le Patient Perception Bladder Condition (PPBC)(24) et le troisième est la force musculaire quantifiée par la force maximale des MPP.

La recherche s’est limitée aux articles rédigés en français, en allemand ou en anglais. Les études publiées entre 1990 et 2020 ont été sélectionnées. Seules les études randomisées contrôlées ont été retenues.La recherche a débuté par une première lecture des titres et des résumés. Elle a permis de sélectionner un premier choix d’articles. Le recensement des articles sélectionnés s’est fait sur Excel. Une lecture complète a ensuite permis d’évaluer l’adéquation des études sélectionnées avec les critères d’éligibilité. Deux auteurs (MR et MC) ont indépendamment réalisé la sélection des études. En cas de désaccord, l’avis d’une tierce personne (JB) a été requis. Pour s’assurer qu’aucun article pertinent n’avait été omis, une lecture des références des articles retenus a été effectuée.

Méthode d’extraction des données

Plusieurs tableaux ont été réalisés pour la synthèse des données. Le premier comprend les caractéristiques des études (auteurs, population et types de rééducation) (Tableau 2). Les autres illustrent les résultats des mesures des critères de jugement (résultats, pré-test / post-test et p-valeurs) (Tableau 3).

Analyse du risque de biais des études

L’analyse du risque de biais a été élaborée pour évaluer la qua-lité de la revue. La grille PEDro a été utilisée pour toutes les études sélectionnées. Il s’agit d’une échelle validée et fiable permettant d’évaluer la validité interne et externe d’une étude(25,26). L’échelle présente un score de 10 pour la validité interne auquel s’ajoute un point pour la validité externe. Ce point n’est cependant pas intégré au score totale.

Méta‑analyse

Une analyse des données quantitatives a été réalisée pour les différents critères. Lors de cette analyse statistique, les interventions, ayant toutes pour objectif un renforcement de la ceinture abdo-lombo-pelvienne, ont été placées sous la même effigie. Le logiciel Review Manager 5.3® a permis d’effectuer les différentes méta-analyses en intégrant le random-effects. Les résultats statistiques ont été présentés sous forme de Forest-plot comprenant l’intervalle de confiance et l’hétérogénéité.

Résultats

Sélection des études

Au total, 967 articles ont été identifiés dans les cinq bases de données explorées ainsi que dans la littérature grise avec une correspondance de 99,30% entre les relecteurs. Après suppression des doublons et au terme de la deuxième lecture, neuf études ont été sélectionnées avec une correspondance à 97 %(27-35) (Figure 1 ).

Qualité des études

Les études sélectionnées ont un score de qualité allant de 4 à 8 sur l’échelle de PEDro (Tableau 4). La difficulté principale étant la mise en aveugle des thérapeutes, des évaluateurs ainsi que des patients.

Caractéristique des études

Les neuf études ont porté sur une population d’adultes âgés de 31 à 76 ans en moyenne, représentant un large intervalle. La taille des échantillons était conséquente allant de 40 à 102 participantes. Seules deux études pilotes présentaient un petit échantillon (19 et 20 participants) (Kim 2011 et Huang 2014). La durée d’intervention était variable (entre 5 et 16 semaines) illustrant l’hétérogénéité des prises en charge (Tableau 2).

Le groupe intervention présentait trois catégories de pratique : le yoga était proposé dans les deux études (Huang 2014 et Huang 2019), les exercices hypopressifs dans la troisième étude (Juez 2019). Cinq études portaient sur un travail à la fois du plancher pelvien et des abdominaux profonds (Dumoulin 2004, Huang 2010, Kim 2011, De Souza Abreu, Chiu 2018) alors qu’une autre échelle proposait un travail de fitness avec des exercices du PP (Kim 2007).

Les études présentaient des différences au niveau du contenu des interventions pour le GI mais l’objectif étant identique, les auteurs ont fait les choix de traiter toutes les études.

Pour le groupe contrôle, deux études ne présentaient aucune intervention (Kim 2007, Huang 2014). Cinq proposaient un travail du plancher pelvien via des exercices spécifiques (Hung 2010, Kim 2011, De Souza Abreu 2017, Chiu 2018, Juez 2019) et les deux études restantes impliquaient un autre type de prise en charge comme le massage (Dumoulin 2004) ou le stretching (Huang 2019).

Intensité des symptômes

L’intensité des symptômes a été évaluée par l’UDI, le nombre de fuites urinaires et le Pad-Test (Tableau 4, Figures 2-4).

Des améliorations entre le pré et le post-test sont observées au sein des différents groupes contrôles et interventions (Hung 2010, Kim 2011, De Souza Abreu 2017, Chiu 2018). On trouve une baisse de la quantité et du nombre de fuites urinaires journalières ainsi que du nombre de vidanges quotidiennes. On retrouve également pour chaque groupe une amélioration du Pad-Test. Au niveau inter-groupe, seules deux études (Dumoulin et Kim 2007) illustrent des différences significatives entre les groupes. On observe une amélioration du Pad-Test (Dumoulin 2004) et une diminution de la fréquence des fuites (Kim 2017) pour les groupes interventions. L’étude de De Souza Abreux (2017) présente également des différents post-tests inter-groupes, mais une différence significative des groupes hétérogènes en pré-test rend les groupes de cette étude difficilement comparables.

Les données statistiques sur l’UDI présentent des valeurs significatives pour le post-traitement (p = 0.002) des groupes interventions (Dumoulin 2004, Huang 2014, Huang 2019) (Figure 2).

Six études (Kim 2007, Hung 2010, Huang 2014, De Souza Abreu 2017, Chiu 2018, Huang 2019) ont mesuré le nombre de fuites urinaires chez la femme (Figure 3). Les résultats montrent que la rééducation portée sur une stabilisation lombo-abdo-pelvienne diminue de manière significative l’intensité des symptômes par rapport à d’autres prises en charge (p = 0.01).

Trois études (Dumoulin 2004, Hung 2010, Chiu 2018) ont évalué l’intensité des symptômes par le Pad-Test. Le test, effectué sur les données post-traitements, n’est pas significatif (p = 0.35) (Figure 4).

Qualité de vie

La qualité de vie a été évaluée par le Patient Perception of Bladder Condition (PPBC) ainsi que l’Incontinence Impact Questionnary (IIQ). Au niveau intra-groupe, deux études ont investigué les différences (Kim 2011 et Hung 2010). On peut observer, pour ces deux études, des améliorations de la qua-lité de vie pour les deux groupes. Au niveau inter-groupe, sur les quatre études (Dumoulin 2004, Hung 2010, Kim 2011, De Souza Abreu 2017) ayant investigué cette partie, seule une étude illustre une différence entre les deux groupes. Les autres études présentent des différences en post-test mais également une différence significative des groupes en pré-test. De ce fait, les groupes sont rendus trop hétérogènes et ne permettent pas les comparaisons (Tableau 5).

Le Forest-plot de l’IIQ ne présente pas de données statistiquement significatives (Figure 5).

Force des muscles du plancher pelvien

Des améliorations entre le pré et le post-test sont observées au sein des différents groupes contrôles et interventions (Tableau 6) (Dumoulin 2004, Hung 2010, Kim 2011, Juez 2019). Au niveau inter-groupe, seule l’étude de Juez (2019) représente des données comparables et significatives (p < 0.001).

La force des MPP ne présente aucune donnée statistique-ment significative (p = 0.35) (Figure 6).

Discussion

L’impact du traitement sur l’intensité des symptômes

Trois études ont porté leur attention sur l’UDI(27,31,32). Deux d’entre-elles (Dumoulin 2004 et Huang 2014) présentent des résultats statistiquement significatifs quant à l’efficacité des techniques de stabilisation abdo-lombo-pelvienne (p < 0.05) contrairement à l’étude menée par Huang (2019) (p = 0.24). Cette différence de résultats chez Huang (2019) peut venir de l’intervention menée dans son groupe contrôle qui comprend des exercices de stretching et de renforce-ment global ce qui engendre, à l’évidence, une modification du tonus abdo-lombaire. On y retrouve une améliora-tion statistiquement significative mais de faible évidence en raison du faible nombre d’études incluses, d’un échantillon mince ainsi que d’une hétérogénéité dans les interventions menées (Figure 2).

On constate aussi une différence statistiquement significative pour le nombre de fuites urinaires (p = 0.01) entre un travail de stabilisation ALP et celui d’un renforcement des MPP (Figure 3). Cependant, trois études (Hung 2010, Huang 2014, Chiu 2018) sur six présentent des données non significatives. La présence thérapeutique diminuée dans la première étude(29) peut être à l’origine d’une différence dans les résultats par rapport aux autres. En effet, les participants à ce traitement ne voient que quatre fois par mois le thérapeute. Cette donnée peut en effet avoir un impact conséquent non seulement sur la qualité du traitement mais également sur la quantité. La deuxième étude non significative(31) possède un échantillon trop faible et une durée d’intervention probable-ment trop courte pour le groupe intervention. La troisième étude(34) présente déjà un renforcement du TrA dans le groupe contrôle, muscle qui a pour fonction principale de stabiliser le tronc. Par conséquent, dans le groupe contrôle, on obtient déjà un meilleur résultat au niveau de la stabilisation ALP.

Le Pad-test ne présente pas de différences statistiquement significatives (Figure 4)(2 7, 2 9 , 3 4 ). En effet, il a déjà été prouvé, dans plusieurs études, que la technique de l’entraînement des muscles du plancher pelvien (PFMT) présente déjà une meilleure efficacité sur le Pad-Test. Par conséquent, une tech-nique de stabilisation ALP est d’autant plus efficace que le PFMT à court terme par rapport à ce paramètre. Il n’existe cependant aucune étude ayant pris comme paramètre le Pad-test pour une évaluation à long terme, ce qui ne permet pas de dire si le PFMT et/ou la stabilisation abdo-lombo-pelvienne maintiennent leurs effets sur une plus longue duré.

L’impact du traitement sur la qualité de vie

Les deux études menées par Huang(31,32) ont évalué la perception du patient par rapport à sa condition vésicale (PPBC). Elles ont montré une amélioration significative pour ce paramètre en faveur des techniques de stabilisation abdo-lombo-pelvienne.

En ce qui concerne l’amélioration de l’Incontinence Impact Questionnary, les résultats montrent qu’il n’y a aucune différence statistiquement significative (p = 0.06) (Figure 5). Un des facteurs limitant pourrait être le temps. En effet, l’efficacité d’un traitement peut varier selon le temps d’application qu’on lui accorde. Or, il n’existe encore aucune recommandation pour les techniques plus globales. Ainsi la durée d’intervention (six semaines) n’est peut-être pas suffisamment longue pour pouvoir observer une différence significative entre les deux groupes.

Deux études ont également évalué la qualité de vie avec d’autres paramètres(30,35). La première étude (Kim 2011) démontre une amélioration significative (p < 0.05) de la qua-lité de vie mesurée sur le Bristol Female Lower Urinary Tract Symptoms (BFLUTS) pour les patientes pratiquant des exercices de stabilisation abdo-lombo-pelvienne supervisées par un thérapeute alors que la deuxième étude (Juez 2019), ne présente pas de différences statistiquement significatives (p = 0.87) (ICIQ-IU-SF). La différence de résultat peut pro-venir de la technique utilisée. L’étude de Juez (2019) utilise les techniques hypopressives qui, pour l’heure, ne présentent aucun paramètre standardisé en lien avec sa durée d’application et ses modalités. Les auteurs expliquent la faible différence entre le groupe intervention et le groupe contrôle par une durée d’étude trop courte pour pouvoir apprécier l’effet des techniques hypopressives. Les modalités de supervision sont également différentes. En effet, la première(30) propose une supervision professionnelle d’une heure, trois fois par semaine, alors que la deuxième(35) en propose une seule de 45 à 60 min par semaine sur deux mois. Le manque de super-vision et de stimulation peut également avoir un impact sur les résultats de l’étude.

L’impact du traitement sur la musculature du plancher pelvien

Quatre études ont pris le parti de mesurer la force maximale des MPP (Figure 6)(27,29,30,35). Il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes. On remarque cependant que seule l’étude de Kim (2011) montre des résultats contradictoires. Les résultats de cette étude ne sont malheureuse-ment pas comparables car elle présente une hétérogénéité des données dans le pré-test. Seule l’étude de Juez (2019) présente des données comparables. Les données concernant l’épaisseur des muscles pelviens montrent une différence statistiquement significative en faveur des techniques hypopressives. Il serait alors pertinent de mener ces tests sur une plus longue période. Il serait également pertinent d’étudier l’effet d’une combinaison de ces deux techniques à plus ou moins long terme.

En regard des neuf études précédemment sélectionnées, on retrouve globalement une efficacité de traitement supérieure sur l’intensité des symptômes lors d’un traitement basé sur une augmentation de la stabilisation de la ceinture abdo-lombo-pelvienne. La qualité de vie est autant améliorée à court terme qu’il s’agisse d’un traitement ciblé sur le renforcement du tronc et des MPP qu’un traitement uniquement ciblé sur les MPP. On peut également affirmer que les techniques de renforcement ALP sont autant efficaces que les techniques de PFMT en termes de force musculaire d e s M P P.

Mise en regard avec la littérature

Aucune ligne directrice sur le sujet n’existe. Plusieurs recommandations considèrent que le PFMT est une technique de grade A pouvant améliorer et traiter l’IUE(36), mais aucune n’aborde le travail abdominal et lombaire en plus de celui du plancher pelvien. Au vue du peu d’études menées sur l’efficacité de la stabilisation ALP, il est clair qu’aucune recommandation n’a encore pu être élaborée avec des données probantes sur le sujet. Une revue systématique, rédigée en 2016(37), aborde les différents traitements de l’IUE. Sa recherche a fait ressortir uniquement deux études sur le renforcement des abdominaux (TrA). Cette revue conclut que l’utilisation seule du renforcement des abdominaux n’est pas utile quant à la diminution du nombre de fuites urinaires chez la femme. En revanche, l’étude comparant le PFMT seul et le TrA ajouté au PFMT, montre qu’on obtient de meilleurs résultats lors de leurs combinaisons. On retrouve également une étude qui associe les troubles d’IU aux douleurs lombaires. Cette étude montre une diminution de l’intensité des symptômes d’IU (p < 0.05) et une amélioration de la force musculaire et de l’endurance (p < 0.05) avec des exercices de stabilisation du tronc(21). De plus, une autre étude, englobant tous types d’IU, obtient également une amélioration de la qualité de vie de manière significative, telle que l’estime de soi (p = 0.032), la reprise d’activité de la vie quotidienne (p = 0.025) et de la vie sociale (p = 0.017)(38). On retrouve également les mêmes résultats dans deux études portant uniquement sur l’IUE, mais y intégrant un traitement à l’œstrogène(39,40).

Implication pour la pratique

Les résultats de cette RS ne permettent pas de faire ressortir des données statistiquement significatives de forte évidence pour les techniques de stabilisation du tronc dans le traitement de l’IUE. Cependant, on constate que l’amélioration est tout aussi bonne voire meilleure lors de l’utilisation de techniques visant à renforcer la ceinture ALP dans son ensemble. De plus, une étude(33) relève qu’une pratique impliquant toute la ceinture abdo-lombo-pelvienne aurait des résultats plus durables. On peut donc conclure que pour un effet à long terme, il est conseillé de pratiquer en plus du PFMT une technique visant un renforcement plus global des stabilisateurs du tronc.

Implication pour la recherche

Il serait pertinent d’effectuer de nouvelles études avec un échantillon plus conséquent (plus de 100 patients par étude) sur une durée de plus de six mois et en utilisant des para-mètres communs et standardisés tel que le nombre de fuites urinaires par jour, l’UDI et l’IIQ. Il devient important qu’un consensus sur le choix des paramètres soit mis en place. De plus, il serait également pertinent de tester l’efficacité des différentes techniques et d’en faire ressortir des consensus paramétriques pour leurs applications. Finalement, une comparaison entre elles pourraient permettre d’extraire de véritables lignes directrices avec une évidence de qualité.

Limites du travail

La qualité de l’évidence des études est faible à modérée. Les principales raisons en sont l’incapacité de mettre les participantes et les thérapeutes en aveugle. Le faible nombre de participants présente également un risque de biais majeur (de 19 à 102 par étude). La standardisation des traitements représente également un risque de biais important. On parle de PFMT, de Yoga, d’AHE, de renforcement du transverse ou autres mais il n’y a aucune recommandation quant à la durée de l’exercice, ce qu’il comprend véritablement, la technique utilisée et autres informations paramétriques. Ces études présentent donc une validité interne limitée et peu de don-nées comparables.

Certaines limites doivent être prises en considération lors de l’interprétation de ces résultats. L’échantillon reste faible et peu représentatif de la population. Peu d’études ont pu être incluses. De plus, les interventions ne sont pas identiques ni standardisées. Cependant, elles possèdent le même objectif : celui de diminuer l’IUE en stabilisant et en renforçant la ceinture abdo-lombo-pelvienne. On retrouve égale-ment une certaine limite dans la qualité des études incluses. Quatre études sur les neuf, soit près de la moitié, possèdent une cotation PEDro de 5/10 et ne peuvent pas être considérées comme des études de bonne qualité. L’IUE est un sujet très actuel mais récent. C’est pour cette raison que les méthodes de mesure ne sont pas encore standardisées et qu’aucun Gold Standard n’est vraiment admis parmi les chercheurs. On ne retrouve donc aucune homogénéité dans le choix des méthodes de traitement et de mesures. Cette limite impacte lourdement dans le nombres d’études que l’on peut inclure dans la méta-analyse et par conséquent diminue la taille de l’échantillon final qui perd en valeur.

Les revues systématiques présentent elles-mêmes leurs propres limites (perte de la littérature grise et biais de publication).

Conclusion

L’objectif de cette revue systématique a été de réaliser une synthèse des données naissantes sur les techniques de traitement visant à la stabilisation et au renforcement global de la ceinture ALP chez la femme atteinte d’IUE. Les principaux résultats des méta-analyses sont une amélioration significative pour l’intensité des symptômes (UDI et le nombre de fuites urinaires sur un jour). À la lecture de ces résultats, l’association de techniques de stabilisation et de renforce-ment global de la ceinture ALP au PFMT produit une plus grande diminution des symptômes chez la femme souffrant d’IUE que le PMTP seul. Il est donc pertinent, même si le niveau de preuve reste faible, d’associer au PFMT, des exercices de stabilisation et de renforcement de l’ensemble de la cavité abdominale.

Il serait également souhaitable d’effectuer plus d’études sur le sujet, de standardiser les protocoles de traitements afin d’amener des preuves de qualités supérieurs pour les traitements de l’IUE chez la femme.

IMPLICATIONS POUR LA PRATIQUE

  • L’ajout de renforcement de la ceinture abdo-lombo-pelvienne (Yoga, Pilates, Gym hypopressive, etc.) à un entraînement du plancher pelvien serait indiqué.

  • La combinaison des deux traitements produirait des améliorations plus importantes et plus durables(33).

Références

1. Haylen BT, de Ridder D, Freeman RM, Swift SE, Berghmans B, Lee J, et al. An International Urogynecological Association (IUGA)/International Continence Society (ICS) joint report on the terminology for female pelvic floor dysfunction. Int Urogynecol J. 2010 ;21(1) :5‑26.

2. Legendre G. Incidence et rémission de l’in‑continence urinaire des femmes entre 45 et 60 ans. [Internet] [phdthesis]. Université Paris‑Saclay ; 2016 [cited 26 March 2020]. Available from : https://tel.archives‑ouvertes.fr/tel‑01466757

3. Loh KY. Urinary Incontinence in the Elderly Population. Med J Malaysia. 2006 ;61(4) :6.

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