Nouvelles de santé

N°1 - mars 2021

Mains libres N°1 - mars 2021

La technique du Dry Needling n’apporte aucun bénéfice dans le traitement des douleurs cervicales: un essai clinique randomisé simulé avec un suivi sur une année

(Dry Needling Adds No Benefit to the Treatment of Neck Pain : A Sham-Controlled Randomized Clinical Trial With 1-Year Follow-up)

Eric Gattie, PT, DPT, Joshua A. Cleland, PT, PhD, Jeevan Pandya, PT, DPT, Suzanne Snodgrass, PT, PhD
Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, Published Online : December 31, 2020, volume 51, Issue 1, pages 37-45, https://www.jospt.org/doi/10.2519/jospt.2021.9864

Résumé

Objectif : cette étude visait à examiner l’efficacité de la méthode du Dry Needling (DN) à court et à long terme sur le handicap, la douleur et les perceptions d’amélioration ressenties par les patients souffrant de douleurs cervicales mécaniques lorsque le DN est ajouté à un programme de traitement multimodal qui comprend un traitement de thérapie manuelle et des exercices.

Méthode : Dans cette étude randomisée contrôlée (RCT), septante-sept adultes (âge moyen ± SD, 46,68 ± 14,18 ans ; 79 % de femmes) qui ont été référés pour un traitement de physiothérapie pour une douleur cervicale mécanique aiguë, subaiguë ou chronique ont été répartis au hasard pour recevoir 7 séances d’un traitement multimodal sur 4 semaines de :

  1. DN, thérapie manuelle et exercices (groupe « aiguilles ») ;

  2. DN simulé, thérapie manuelle et exercices (groupe « aiguilles simulées » ; simulation de piqûre avec de fausses aiguilles d’acupuncture de Park43. Le dispositif Park consiste en deux tubes en plastique qui glissent l’un dans l’autre et provoquent une sensation de piqûre lorsqu’ils sont poussés contre la peau. Les fausses aiguilles permettent au patient d’avoir la sensation qu’une aiguille pénètre la peau, bien que ce ne soit pas le cas.

Le résultat primaire concernant le handicap (score de l’indice de handicap de la colonne cervicale) et les résultats secondaires concernant la douleur (actuelle et moyenne sur 24 heures) et l’amélioration perçue par le patient ont été évalués au début de l’étude et lors des suivis à 4 semaines, 6 mois et 1 an par des évaluateurs en aveugle. Les différences entre les groupes ont été analysées au moyen d’une analyse de variance à deux voies et à mesures répétées. L’évaluation globale du changement a été analysée à l’aide d’un test de Mann-Whitney U.

Résultats : Il n’y a pas eu d’interactions entre les groupes concernant le handicap (Indice de handicap de la colonne cervicale : F2.37,177.47 = 0.42, P = .69), la douleur actuelle (échelle visuelle analogique : F2.84,213.16 = 1.04, P = .37), ou la douleur moyenne sur 24 heures (F2.64,198.02 = 0.01, P = .10). Il n’y a pas eu de différences entre les groupes pour l’évaluation globale du changement à un moment donné (P ≥ .65). Les deux groupes se sont améliorés au fil du temps pour toutes les variables (Indice de handicap cervical : F2,37, 177,47 = 124,70, P < 0,001 ; douleur actuelle : F2.84,213.16 = 64.28, P < .001 ; et douleur moyenne sur 24 heures : F2.64,198.02 = 76.69, P < .001).

Conclusion : Il n’y a pas eu de différences de résultats entre le DN sur les trigger points et le DN simulé lorsque ces deux modalités sont rajoutées à un programme de traitement multimodal des cervicalgies. Le DN ne devrait pas faire partie d’une approche de première intention pour la gestion des douleurs cervicales.

Incidence des lésions aiguës des ischio‑jambiers dans le football : une revue systématique de 13 études portant sur plus de 3 800 athlètes ayant pratiqué 2 millions d’heures de sport

(Incidence of Acute Hamstring Injuries in Soccer : A Systematic Review of 13 Studies Involving More Than 3800 Athletes With 2 Million Sport Exposure Hours)

Willemijn M. Diemer, MD, Marinus Winters, PT, PhD, MSc, Johannes L. Tol, PhD, MD, Haiko I.M.F.L. Pas, MD, Maarten H. Moen, PhD, MD
Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy Published Online : December 31, 2020, volume 51, Issue 1, pages 27-36, https://www.jospt.org/doi/10.2519/jospt.2021.9305

Résumé

Objectif : L’objectif de cette étude était d’estimer l’incidence et les taux de récurrence des blessures aiguës des ischio-jambiers chez des footballeurs et footballeuses de tous les niveaux.

Le format de cette étude est une revue épidémiologique systématique.

Recherche documentaire : Les recherches d’articles ont été effectuées dans les bases de données électroniques PubMed (y compris MEDLINE), CINAHL, SPORTDiscus, Embase, et Cochrane Central Register of Controlled Trials.

Critères de sélection des études : Les auteurs ont inclus des études prospectives sur des joueurs de football adultes de tous niveaux qui ont enregistré des blessures aiguës des ischio-jambiers. Ils ont décrit l’incidence de ces blessures par 1000 heures de jeu (lorsque les données disponibles pour le calculer étaient présentes.

Synthèse des données : En raison de l’hétérogénéité, les auteurs ont effectué une synthèse descriptive des données.

Résultats : Treize études incluant 3868 footballeurs ont répondu aux critères d’inclusion. Deux des treize études incluses ont fait état de blessures des ischio-jambiers chez les femmes, et toutes deux ont conclus aux mêmes résultats que chez les hommes. L’incidence des blessures aiguës des ischio-jambiers variait de 0,3 à 0,5 pour 1000 heures d’exposition chez les femmes et de 0,3 à 1,9 pour 1000 heures d’ex-position chez les hommes. Les blessures des ischio-jambiers représentaient 5 à 15 % de toutes les blessures liées au football. Les taux de récidive des blessures des ischio-jambiers variait de 4 à 68 %, selon la définition de la blessure. La validité des preuves s’échelonne pourtant de modérée à très faible.

Conclusion : L’incidence des blessures aiguës des ischio-jambiers dans le football était de 0,3 à 1,9 pour 1000 heures d’ex-position. Le taux de récurrence était de 4 à 68 %. La solidité des preuves a été limitée par un manque de rigueur méthodologique, l’utilisation de définitions différentes pour les blessures aiguës des ischio-jambiers et des méthodes hétéro-gènes de notification des blessures

Réhabilitation améliorée après chirurgie prothétique

Hafize Heutschi-Öztürk, Julien Stanovici
Rev Med Suisse 2020 ; volume 16. 2432-2436

Résumé

La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) est un concept qui a été proposé dès 1997 par H. Kehlet. Il a décrit une approche multimodale de la prise en charge post-opératoire ayant pour but principal la diminution du stress physiologique chirurgical. Son approche multidisciplinaire permet de diminuer la morbidité et d’améliorer la réhabilitation postopératoire définie alors comme réhabilitation améliorée après chirurgie. La RAAC permet notamment de diminuer l’iatrogénie liée à l’hospitalisation en se basant sur l’évidence scientifique.

Les principaux facteurs identifiés dans la cadre de la RAAC sont listés dans le Tableau 1.

Les études s’accordent sur l’intérêt de ce concept en chirurgie prothétique et il a été prouvé qu’elle entraîne une amélioration des pratiques et des résultats permettant un retour à domicile plus rapide avec une diminution de la morbidité et mortalité. Elle implique une cohésion dans la délivrance du message et le médecin généraliste garde une place centrale. Le recueil et l’analyse des résultats sont fondamentaux pour améliorer continuellement le protocole et ainsi la prise en charge des patients. Ces protocoles sont une étape vers la prise en charge ambulatoire de ce type de chirurgie.