LE COIN DES ÉTUDIANTS

Voyage en pays voisin

Tamara CHOLLET
Etudiante de 1re année de Bachelor à la HEdSGe, Filière physiothérapie, Genève

Voyage en pays voisin

Tamara CHOLLET

Je suis une étudiante en Bachelor de physiothérapie à Genève, une profession qui touche à l’Humain.

C’est de cela dont j’aimerais vous parler aujourd’hui, de l’Humain. Alors comme il nous a été encouragé à le faire, je prends mon clavier au lieu de ma plume pour vous raconter quelque chose.

Comme certain(e)s d’entre vous, une partie de ma famille habite dans un pays différent du mien. Dans mon cas, c’est la France. Au début de la crise, voulant être présente pour ceux que j’aime et ceux à qui je tiens, je les ai rejoints dans ce pays voisin.

Nous voilà à environ un mois et demi de confinement strict. Tellement d’émotions se bousculent encore dans ma tête mais une chose est sûre, nous ne sommes pas pleinement traités comme des Humains. Je n’entrerais pas dans le domaine politique, à chacun son avis sur la question.

Ce que je retiendrais de cette période en tout cas ce sont deux choses :

La première, c’est que l’Humain est trop souvent relégué au second plan. On contraint des personnes âgées à affronter seules la situation actuelle. On abandonne le personnel médical tout en faisant des héros sacrifiés pour le pays. On glorifie l’élan solidaire tout en le réprimant. On infantilise les gens pour les priver de leur libre arbitre. Enfin, on nous déresponsabilise de nos actes et de leurs conséquences. Le confinement est certes nécessaire mais nous restons Humains et c’est ainsi qu’on doit nous traiter. La liberté n’est pas une condition à notre vie mais bien un de ses fondements. Sous couvert de notre sécurité on nous oblige, on nous force. Les décisions prises dans l’urgence négligent volontairement notre dimension psychologique. On nous traite comme des automates qui doivent être remis en service le plus vite possible, pas de cœur, que des engrenages. Par certains côtés j’ai l’amère impression qu’on me vole une partie de ma vie. Heureusement, je ne suis pas seule pour traverser cette épreuve.

J’en viens donc à parler de la seconde chose que je vais retenir. C’est la solidarité et l’entraide dont beaucoup de gens ont fait preuve de façon spontanée. Le fait de faire les courses pour une personne âgée qui a des difficultés à se rendre dans les magasins. La confection de masques artisanaux par la population pour les médecins, pompiers, infirmiers, les applaudissements pour le corps médical. La planète qui se porte un peu mieux, qui respire et nous avec.

Par ce texte je ne veux pas faire de leçon de morale, je ne suis pas mieux qu’un ou une autre. J’aimerais simplement dire merci à ceux qui sont présents pour moi. Ceux qui me remontent le moral, ceux qui me font rire. Merci à ceux à qui je peux parler en tout temps sans craindre d’être jugée. Merci à ceux qui me donnent la force de tenir en cette sombre période. Enfin j’aimerais dire courage à tous. Nous sommes tellement plus que des machines. Rappelez-vous que vous n’êtes jamais seuls, que demander de l’aide n’est pas une honte et que nous sommes capables de belles choses après tout.